SAINT-JÉRÔME

Le saint patron du diocèse

La petite vie de saint Jérôme

 

Jérôme naît vers 347 à Stridon près de Trieste.  Il suit des études à Rome dont le fondement reste les humanités classiques.  Attiré par ailleurs par le christianisme, il se fait baptiser en 366 et choisit de se faire moine en Syrie, où il apprend l'hébreu.  Il parfait sa formation dans les grandes capitales intellectuelles de l'Orient:  Antioche, Constantinople, Alexandrie.

De retour à Rome en 382, il devient secrétaire du Pape Damase qui le charge de la traduction de la Bible en latin.  Il se retire au monastère de Bethléem se préservant des charges ecclésiastiques pour consacrer tout son temps à ses chères études.

Dans les querelles christologiques orientales, il perd son latin au point qu'il écrit au Pape Damase:  «Décidez-vous je vous prie.  Si cela vous plaît, je ne redouterais pas de parler de trois hypostases.  Si vous l'ordonnez, qu'on rédige une nouvelle formule de foi après celle de Nicée, et nous autres les orthodoxes professons notre croyance avec les mêmes mots que les Ariens.»  (Saint Jérôme, Lettres, XV, Tome 1).

Le premier concile oecuménique est réuni en 325 à Nicée pour débattre de l'arianisme.  Pour Arius, le fils n'est pas égal au père ni de même nature, il est la première de ses créatures.  Le credo de Nicée, «Dieu de Dieu, Lumière de Lumière, engendré et non créé, (homoousios) consubstantiel au Père», ne met pourtant pas fin à l'hérésie et la nouvelle formule de foi que Jérôme appelle de ses voeux sera prononcé en 381 au concile de Constantinople, peu de temps après ses interrogations:  En Dieu l'unité absolue (l'ousie) est inséparable d'une diversité non moins absolue (les hypostases:  Père, Fils, Esprit).

L'inquiétude qui prend corps dans l'appel à la Réforme au début du XVIe siècle, fait de Jérôme une passerelle entre les siècles, un paradigme de la recherche de l'Écriture Sainte restituée.  En 1512, à la veille de La Réforme, Lefèvre d'Étaples édite la Vulgate, la traduction de saint Jérôme.  C'est encore elle qui sera reconnue comme la seule traduction canonique à l'issue du concile de Trente (1545-1563).  On ne s'étonne  pas de voir Jérôme en odeur de sainteté dans les peintures du XVIIe sous contrôle inquisitorial:  «Aime la science des Écritures, et tu n'aimeras pas les vices de la chair.» (Saint Jérôme, Lettres, CXXV, Tome VII, Au moine Rusticus).

Source : Pierre, Jean-Luc : Étude du Saint Jérôme au musée des Beaux Arts de Reims.